la Sainte Cécile
Depuis plusieurs années, notre association organise, notamment dans l'agglomération caennaise, des concerts qui sont parfois donnés dans des cafés et des bars, dans le but de faire connaître les beautés du répertoire musical des 17ème et 18ème siècles à un public qui, d'un prime abord, ne serait pas allé spontanément à un concert de musique dite "classique". Ces concerts du "bistrot baroque" connaissent un succès croissant et font désormais partie du paysage associatif et culturel caennais.
Cependant, ces opérations étant par nature ponctuelles, nous avons souhaité pouvoir instituer un nouveau rendez-vous fixe qui soit aisément identifiable dans le calendrier déjà bien chargé de la programmation culturelle à Caen, pour présenter régulièrement chaque année, ce répertoire des musiques anciennes ou "baroques".
C’est pourquoi, nous avons pensé revisiter une vieille tradition musicale caennaise, aujourd’hui tombée dans l’oubli, d’une fête de la Sainte Cécile, la patronne des musiciens puisque cette jeune patricienne aurait été martyrisée au cirque de Rome au son des trompes et des orgues.
Du 16ème siècle à la Révolution française, la fête de la Sainte Cécile, tombant le 22 novembre (un moment de l’année où l’on a vraiment toujours besoin de se réchauffer et de se réjouir) donnait lieu à de somptueuses cérémonies liturgiques et musicales.
A Caen, c’était même le prétexte, sous les voûtes de l’église Saint Pierre, d’un grand concours de création musicale qui attirait les "maîtres de musique" de la France entière.
Fondé en 1671 par le grand mécène caennais l’abbé Michel de Saint-Martin, ancien recteur de l’université de Caen, ce "puy de musique" comme on le désignait alors eut comme observateur privilégié le jeune Sébastien de Brossard alors étudiant en notre ville. Ce dernier la quitta ensuite pour une carrière ecclésiastique et musicale qui fit de ce jeune normand érudit et plein de curiosité l’un des plus grands compositeurs de la fin du règne de Louis XIV.