Association pour le Rayonnement de la Musique Ancienne en Basse Normandie


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Philippe Cléris

l'association

Professeur de lettres-histoire au lycée Laplace, Philippe Cléris est aussi mélomane. Il préside depuis peu aux destinées de l'Association régionale pour le rayonnement de la musique ancienne en Basse-Normandie (Armabn), à laquelle on doit notamment les fameux bistrots baroques.
L'enseignant vient de publier, dans les Cahiers Lépold Delisle, une revue d'histoire et d'archéologie, ce qu'il appelle une
« esquisse » de la vie musicale caennaise. Elle s'étale de 1562, année où de nombreux orgues furent détruits par les Huguenots, à 1793, quand la fermeture des églises entraîna la dispersion des musiciens professionnels. Esquisse peut-être, mais cette contribution est déjà riche de renseignements. « On qualifiait Caen d'Athènes normande, en raison de son rayonnement littéraire. On pourrait tout autant parler d'Athènes musicale. » Entre paroisses et couvents, Caen a compté sous l'Ancien Régime jusqu'à une vingtaine d'orgues. Le périmètre de la ville ne dépassait pas deux abbayes à l'est et à l'ouest, le château au nord et l'Orne au sud.
Parmi les nombreux noms que cite Philippe Cléris, deux sont à surligner : le compositeur Sébastien de Brossard, né en 1655 dans l'Orne, étudiant à Caen, dont le
Dictionnaire de la musique fit de lui le premier musicologue ; et l'abbé Michel de Saint-Martin, recteur de l'université, dont la personnalité vaut à elle seule un roman.
« Un homme insupportable, mais très curieux, un grand mécène. Il a été victime de sa prétention, en 1687, avec ce qu'on a appelé la Mandarinade. Des étudiants avaient inventé une réception du roi de Siam apportant au recteur une distinction... » L'abbé de Saint-Martin y avait cru, comme le Bourgeois gentilhomme au Mamamouchi ! « Le ridicule l'a tué. »
Cet épisode marque aussi le début du déclin de la musique d'église à Caen au profit de Rouen. Déclin tempéré par le témoignage de grands concerts, comme la fête de Saint-Pierre en 1694,
« 24 joueurs de viole de gambe », ou de la rivalité entre les maîtrises de Saint-Pierre et du Saint-Sépulcre, « tournant à la guerre froide arbitrée par l'évêque de Bayeux ».

Xavier ALEXANDRE (Ouest-France du 7/2/2009)

Du XVIIème siècle à la Révolution, organistes, maîtrises, compositeurs... ont contribué à la vie culturelle de la cité. Le professeur de lettres-histoire Philippe Cléris en évoque les grandes heures.

11 janv 2012

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